Ce qu’un salon rapporte à l’entreprise qui y expose a été mesuré par une étude commandée par l’UNIMEV, la CCI Paris Île-de-France, la Direction générale des entreprises et le Comité des Expositions de Paris. Réalisée par Médiamétrie en 2015, elle a interrogé 3 319 entreprises exposantes sur 48 des salons et foires qui se tiennent en France. La CCI Paris Île-de-France l’actualise depuis chaque année pour l’Île-de-France. Des études mondiales et allemandes la complètent sur le poids des salons dans le monde et sur la façon dont les exposants mesurent leurs résultats.
Les exposants viennent d’abord prospecter
Selon l’étude Médiamétrie de 2015, réalisée pour l’UNIMEV, la CCI Paris Île-de-France, la Direction générale des entreprises et le Comité des Expositions de Paris, le premier objectif des exposants est « prospecter et recruter de nouveaux clients », noté 8,1 sur 10. Viennent ensuite l’entretien de la relation avec les clients existants (7,7) et la vente sur place (6,6). Les objectifs d’image et de veille se situent entre 5 et 6.
Le public du salon change l’ordre des priorités. Dans les salons grand public, la vente pendant l’événement est notée 7,2, contre 5,9 dans les salons professionnels. Ces derniers donnent plus d’importance aux devis et à leur conclusion après l’événement (6,5).
84 % des exposants réalisent du chiffre d’affaires grâce au salon
Selon la même étude de 2015, 84 % des exposants réalisent du chiffre d’affaires grâce à la manifestation : 38 % pendant et après, 34 % uniquement après, 12 % uniquement pendant. Les 16 % restants n’en réalisent pas. Ils « se distinguent par des objectifs d’image plus élevés que la moyenne » et par des objectifs commerciaux moins élevés.
Les trois quarts du chiffre d’affaires se signent après le salon
Selon l’étude Médiamétrie de 2015, près d’un quart du chiffre d’affaires se concrétise pendant la manifestation et les trois quarts après, « grâce aux relances des devis et prospects ». Sur les salons professionnels, 81 % du chiffre d’affaires est réalisé après la manifestation, plus de 90 % pour les salons nationaux professionnels. Sur les salons grand public, 42 % se réalisent pendant et 58 % après.
Les enquêteurs n’ont retenu que les contrats explicitement amorcés sur la manifestation et conclus dans les 3 à 10 mois qui suivaient. L’étude conclut que ces niveaux « montrent l’importance des efforts à mener après-salons par les entreprises qui exposent pour exploiter les contacts pris grâce à la manifestation ».
Pour un euro investi, huit euros de chiffre d’affaires
L’étude Médiamétrie de 2015 écrit : « Pour 1 euro investi par une entreprise, la participation à un salon ou une foire lui rapporte 8 euros de chiffre d’affaires. » Le calcul rapporte 30,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires à 210 000 participations d’entreprises par an, avec un coût moyen de participation de 19 000 euros par entreprise, chiffre tiré des études partenariales de l’UNIMEV, de la CCI Paris Île-de-France et de la DGE.
Le retour est de 2 pendant la durée du salon, ce qui, selon l’étude, signifie que les ventes immédiates font plus qu’amortir la participation. Le retour de 8 est obtenu 3 à 10 mois après. Il est de 10 pour les salons professionnels et de 7 pour les salons grand public, l’écart venant du montant des contrats, plus élevé sur les salons professionnels.
Des petites entreprises, qui exposent cinq fois par an
Selon l’étude Médiamétrie de 2015, 42 000 entreprises participent chaque année à au moins un salon ou une foire en France, en moyenne à 5 manifestations par an. 86 % des stands sont tenus par des entreprises de moins de 50 salariés, 60 % par des entreprises de moins de 10 salariés. 41 % des exposants participent moins de 2 fois par an, 16 % plus de 10 fois, et 24 % exposent pour la première fois à l’événement où ils ont été interrogés.
Les salons pèsent dans les budgets : toujours selon cette étude, 60 % des exposants y consacrent plus de 15 % de leur budget marketing-promotion, et 13 % plus de 75 %.
En Île-de-France, 21,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires en 2024
Selon la CCI Paris Île-de-France (« Tourisme d’affaires à Paris Île-de-France », édition 2025), les salons ont généré pour les entreprises ayant exposé en 2024 dans la région 21,5 milliards d’euros de chiffre d’affaires issus de 4,8 millions de transactions entre exposants et visiteurs, contre 17,9 milliards en 2022. La CCI indique que ce chiffre vient de l’étude de 2015, actualisée en 2025 sur l’ensemble des exposants franciliens de 2024.
Cette édition compte 367 salons dans les 24 principaux sites d’exposition franciliens, parmi lesquels les parcs qui accueillent le plus de salons en France, 103 279 entreprises exposantes dont 35 615 étrangères, et 6,2 millions de visiteurs. Les exposants français réalisent 10,9 milliards d’euros, les exposants étrangers 10,6 milliards. Les retombées pour le territoire (hôtellerie, restauration, prestataires) sont estimées à 4,4 milliards d’euros.
Pour la France entière, l’UNIMEV compte, dans sa note de juillet 2023, 1 200 foires et salons, 230 000 exposants et 34 milliards d’euros annuels de transactions entre exposants et visiteurs. Son Event Data Book 2025 relève pour 2024 une hausse de 3 % du nombre d’exposants par rapport à 2023, et 41 % d’exposants étrangers dans les salons professionnels.
Dans le monde, 84 100 euros d’impact par entreprise exposante
Selon l’UFI, association mondiale de l’industrie des salons, et Oxford Economics (« Global Economic Impact of Exhibitions », avril 2026, données 2025), l’impact total est de 84 100 euros par entreprise exposante, avec environ 33 800 euros de dépenses directes par exposant. Les salons ont réuni en 2025 dans le monde 4,7 millions d’exposants et 318 millions de visiteurs, dans plus de 180 pays.
Ces dépenses directes de 158 milliards d’euros (exposants, visiteurs, organisation) représentent, avec les effets indirects et induits, 392,8 milliards d’euros de production totale, 226,6 milliards de PIB et 4,3 millions d’emplois. L’Europe compte 1,3 million d’exposants et 47,9 milliards d’euros de dépenses directes, soit 30 % du total mondial.
Les exposants allemands mesurent d’abord des contacts
Selon l’AUMA, association de l’industrie allemande des salons, dans son enquête de novembre 2025 auprès de 404 entreprises exposantes allemandes, 49 % jugent leurs salons d’abord sur les contacts et les nouveaux clients. 20 % les jugent sur la fréquentation du stand, 17 % sur le chiffre d’affaires, les commandes ou les ventes, 4 % sur la notoriété. 10 % ne mesurent pas ou très peu.
Toujours selon l’AUMA, 97,5 % des exposants voient les salons comme une plateforme indispensable d’échange, d’innovation et d’amorçage d’affaires. Ils prévoient 5,1 participations sur 2026-2027, contre 5,4 sur 2024-2025. 83,4 % jugent décisif le rapport coût-bénéfice, et la hausse des coûts est le premier défi cité, par 64,1 % des entreprises.
Sources
L’article s’appuie sur six publications :
- Médiamétrie pour UNIMEV, CCI Paris Île-de-France, DGE et Comité des Expositions de Paris, « Salons et Foires en France : un puissant outil de développement pour les entreprises », 2015.
- CCI Paris Île-de-France, « Tourisme d’affaires à Paris Île-de-France », édition 2025, données 2024.
- UNIMEV, Event Data Book 2025, données 2024, juin 2025.
- UNIMEV, « La contribution des événements professionnels », juillet 2023.
- UFI et Oxford Economics, « Global Economic Impact of Exhibitions », avril 2026, données 2025.
- AUMA, « AUMA-Aussteller-Ausblick 2026/2027 », novembre 2025.
Les chiffres sont ceux que publient les organismes et n’ont pas été recalculés. La mesure française du retour pour l’exposant date de 2015, et la CCI Paris Île-de-France l’actualise chaque année sur l’univers des exposants de l’année. Les sources ont été consultées le 24 octobre 2026.